Gaïa Energies » de Belfort et « Borplacal » de Noroy-le-Bourg avaient placé le samedi 29.10.2016 sous le double signe des économies d’énergie et de la production décentralisée d’électricité à partir de sources d’énergie d’origine renouvelables en milieu rural.

Douze personnes ont participé aux visites proposées et cette journée bénéficia d’un bel ensoleillement.

Les participant(e)s ont tout d’abord découvert la « maison de la ruralité » de Noroy-le-Bourg, bâtiment communal construit en matériaux biosourcés. Comme la Haute-Saône cherche à relancer une « filière chanvre », les murs extérieurs, l’aménagement intérieur et l’isolation thermique du bâtiment font largement appel à ce matériau, décliné ici sous forme de parpaings, de hourdis, de béton de chanvre projeté ou banché. L’ossature est en bois. De belles surfaces vitrées, au sud et à l’ouest, laissent entrer la lumière et la chaleur du soleil.

Ce bâtiment d’architecture bioblimatique est économe en énergie.

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La seconde visite fut consacrée à l’unité de méthanisation du « GAEC DE LA FOULTIERE » à Roche-Sur-Linotte. Les 90 vaches de cette ferme moderne produisent du lait conventionnel, le bâtiment d’élevage est équipé de deux robots de traite et de quelques panneaux solaires photovoltaïques (autoconsommation).

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Construit en 2016, le méthaniseur est alimenté à concurrence de 80 % par des déchets de la ferme (fumier, lisier, herbe et maïs de bords de champs, céréales impropres à la panification….) et pour

les 20 % restant par divers refus de pâture ou déchets de minoterie. Le biogaz ainsi généré fait tourner un moteur SCANIA de 300 CV couplé à un générateur de 260 kwh. Revendue à EDF dans le cadre d’un contrat de 15 ans, l’électricité produite couvre les besoins d’environ 500 personnes.

Les calories récupérées sur les échappements brûlants du moteur précité servent à chauffer de l’air pulsé qui sèche des buches pour le compte d’un producteur local de bois de chauffage.

Etendu sur les champs du GAEC, le digestat récupéré à l’issue de la fermentation remplace avantageusement les engrais minéraux précédemment achetés par cette exploitation.

 

La dernière visite eut lieu dans le village de Trevey, où les 65 vaches du « GAEC DES SAPINS » produisent du lait bio. Afin de disposer d’un fourrage de grande qualité nutritionnelle, cette exploitation familiale s’est dotée d’un bâtiment d’élevage bien exposé dans lequel elle sèche et stocke ses foins selon une technique simple dite de la « grange solaire ».

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Un ventilateur aspire de l’air extérieur et le fait circuler entre une toiture métallique de couleur sombre et un isolant disposé environ 30 cm en dessous, parallèlement à cette toiture. En passant dans cette sorte du tunnel, l’air s’élève en température (jusqu’à + 10°) au contact de la tôle chauffée par le soleil.

Cet  air est ensuite pulsé sous le fenil dont le fond est percé d’une multitude de trous. L’air chaud s’élève et sèche le foin disposé sur le fenil par l’agriculteur au moyen d’une griffe à fourrage.

Cette ferme récupère également ses eaux pluviales dans une citerne enterrée de 240 m3 et les utilise pour laver les sols de son bâtiment d’élevage.

Une partie dudit bâtiment abrite la salle de traîte et le tank à lait (réservoir isotherme). Arrivant de la machine à traire à  + 36°, le lait est refroidi rapidement dans le réservoir, puis conservé à + 4° jusqu’à sa collecte. Il perd ainsi 32° qui sont récupérés via un échangeur à plaques et utilisés pour chauffer de l’eau qui servira à nettoyer la machine à traire.

Ce qui précède nous montre que l’agriculture est également soucieuse d’économies d’énergie et de production à partir d’énergies renouvelables.

Article rédigé par Luc Bittiger (adhérent et trésorier de l’association Gaïa Energies)

Photos : Pascale Leclerq (adhérente de l’association Gaïa Energies)